Mercredi 29 juin 2016 :

Départ en 4×4. 30 min de route depuis Uyuni sont nécessaires pour arriver devant le célèbre hôtel de sel regroupant des drapeaux du monde entier. Ce sera le départ de l’étape du bike and run.

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Quelques photos devant le monument de sel effectué spécialement pour le dernier Paris-Dakar.

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Il est temps de partir pour 80 km en relais. Tiffany est déjà sur le vélo, on voit facilement l’arrivée au loin avec le sommet du Thunupa. On s’accorde sur une rotation toute les 15 minutes, on ajustera si nécessaire. Christophe rappelle que le cycliste et le coureur doivent rester ensemble tout le long de l’étape et que les jeeps auront à disposition de l’eau pour nous ravitailler.

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On se croit sur la banquise, on court sur la croûte de sel. L’horizon porte à l’infini. Le cadre est grandiose et je me sens vraiment tout petit dans ce décor de sel. Sensation étrange au début, le pied s’habitue rapidement à ce nouveau revêtement. Nous partons sur une allure de 10km/h, assez rapidement on décide de ralentir, je sens que l’altitude fait son effet et l’étape du jour est longue. De plus, nous avons le vent de face durant les 3 premières heures. Au bout d’1 h, on ajuste les rotations à toutes les 10 minutes. On trouve notre rythme et papotons, j’ai l’impression de perdre la notion du temps. Jusqu’à mi-course tout va bien, on commence ensuite à alterner marche rapide et course durant nos rotations. La chaleur fait désormais son effet, l’amplitude des températures est très importante dans le désert d’Uyuni. La chaleur est sèche, j’ai l’impression de ne pas transpirer mais je me force à boire et manger régulièrement.

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Au bout de 65 km, le soleil commence à descendre progressivement, la route est encore longue. On estime encore avoir 2h de course, on aperçoit toujours l’arrivée mais on a du mal à voir les distances dans ce paradis blanc (merci j’ai la chanson de Michel Berger dans la tête depuis déjà 5 km). Le soleil est maintenant couché, on a positionné les frontales et le ciel est déjà parsemé d’étoiles. On voit facilement la voie lactée et devine certaines constellations. Plusieurs fois, j’ai envie de rejoindre la jeep mais Tiffany est toujours ultra motivée et enchaîne les relais en courant. Je continue les relais en marche rapide et arrive à retrouver l’énergie de courir les 5 derniers relais. On arrive finalement au bout de 10h30m d’effort. Christophe et Thomas nous attendent devant l’arche de l’entrée de Coqueza. Sans Tiffany, je pense que j’aurai pris une jeep peu après la tombée de la nuit, mais nous avons fini cette première étape. Je pense que mon corps n’était pas préparé à effectuer un effort aussi important et à cette altitude, on verra la suite des étapes. Je pense surtout à me changer et à manger, une soupe de quinoa nous attend. L’Hostal Coqueza est plus spartiates, on y reste 3 nuits. Juste après le repas, je me réfugie dans mon duvet et dors très rapidement avant 21h, il faut que je récupère car l’étape de demain matin prévoit près de 35 km.

Le désert de sel d’Uyuni est le plus vaste du monde, il s’étend sur près de 12 000 km² (équivalent à 2 départements français) à une altitude de 3 670 mètres. La couche de sel est de 40 m environ. Sa création remonte à l’époque où l’Altiplano Bolivien comportait 2 grands lacs (Titicaca et Minchin) et est la conséquence de l’évaporation des eaux du lac Minchin qui ont laissé à cet endroit des couches de calcaires ainsi que des sédiments et des minéraux. La quantité de sel est estimée à 60 milliards de tonnes avec les plus grandes réserves de lithium du monde enviées par toutes les plus grosses compagnies du monde.

Jeudi 30 juin 2016 :

Réveil à 6h30 et contrôle de notre taux d’oxygène dans le sang au petit déjeuner : 92%. J’ai bien dormi mais ai pris des gros coups de soleil. J’ai la démarcation au milieu du front du bonnet et les traces de crème mal étalé : super look.

Départ à 8h15 devant la porte d’entrée du village portant 2 drapeaux : le traditionnel drapeau rouge jaune vert et le drapeau wiphala qui désigne les drapeaux rectangulaires aux sept couleurs utilisées par les ethnies des Andes et symbole ethnique du peuple aymara. Les couleurs viennent de l’arc-en-ciel : le rouge symbolise la planète terre (la Pachamama), l’orange : la société et la culture, le jaune : l’énergie et la force, le blanc : le temps et la dialectique, le vert : l’économie et la production, le bleu : l’espace cosmique et le violet : la politique et l’idéologie andine.

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Certains sont malades ce matin et les arrêts offrande des concurrents à la Pacha Mama (déesse Terre-Mère) sont réguliers. Pas d’arbres pour s’abriter au milieu de cet étendu de sel. J’ai bien récupéré et ai de bonnes sensations aujourd’hui, mon corps commence sans doute à s’habituer. Tiffany est fatigué de son côté et n’a pas beaucoup dormi, elle est descendu à 78% au contrôle de ce matin. On part sur la base de 9 km/h. L’étape du jour consiste à faire une grande ligne droite et à contourner une petite île puis de revenir à Coqueza. Au niveau de l’île se trouve des bassins où est extrait le sel constitué en cône. Les couleurs et le relief font leur effet. Un homme casse le sel à l’aide d’une barre à mine pour extraire des blocs.

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On a toujours les ravitaillements en eau assurés par les jeeps et les encouragements de Jacqueline et Thomas qui continuent à immortaliser des moments de cette aventure. Sur le retour, la chaleur commence à faire son effet, je continue de bien m’hydrater. On commence à deviner le village de Coqueza, nous avons cependant pris une trajectoire trop excentrée que l’on corrige petit à petit. En effet, on s’enfonce parfois dans le sel trop fin dans certains endroits. Dès qu’il y a la présence d’eau, c’est plus fragile et moins agréable. Des flamants roses partagent nos derniers kilomètres, ils ont souvent le bec en terre pour se nourrir de plancton malgré les conditions extrêmes et hostiles du désert de sel. On finit l’étape en un peu moins de 5h pour 34,5 km.

Après une sieste, tour au village et coucher de soleil au bord du lac. De nombreux lamas avec leurs petits sont dans les prés environnants. Douche dans la partie de l’hôtel aménagé en hôtel de sel pour 10 Bolivianos. Repas et diaporama des dernières photos et vidéos prises par Thomas. Coucher comme les poules à 20h45.

Vendredi 1 juillet 2016 :

Thunupa (ou Ekhekho Thunupa) est un héros légendaire selon la tradition Inca. Les récits le décrivent comme un homme d’un certain âge, à la barbe et aux cheveux gris, qui parcourait le pays en prédicateur et accomplissait des miracles. Il est aussi considéré comme le dieu de la richesse et de la prospérité. C’est aussi le nom d’un volcan situé juste au-dessus du village de Coqueza. Nous l’avions en ligne de mire depuis notre bike and run, aujourd’hui est prévu son ascension avec ses 5 200 mètres environ. Des jeeps nous montent à environ 3 900 m jusqu’à la grotte des momies. Tout le monde est ravi et le ciel est bien dégagé ce matin, c’est pour beaucoup leur premier 5 000 m. Cela sera le troisième de mon côté, après mon expérience au Kilimandjaro en Tanzanie et au Annapurna au Népal. Le chronomètre sera déclenché aujourd‘hui uniquement sur la descente. La première partie de la montée est agréable et se fait sans grande difficulté. Les lacets sont réguliers et les paysages varient régulièrement. Les reflets et couleurs des roches sont incroyables et lorsque l’on se retourne la vue est dégagée et paraît illimitée sur le désert de sel. Après 4h de montées, on arrive au sommet. Les derniers lacets sont enneigés et les cailloux plus glissants, mes bâtons sont utiles. Il ne fait pas si froid, j’étais bien couvert.

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Après quelques photos et une dizaine de minutes aux sommets, on attaque la descente. Les premiers dévalent comme des lapins, je ne suis pas à l’aise sur les premières pentes de la descente. Le guide nous fait prendre le chemin non recommandé par Christophe et bien plus abrupte que celui emprunté lors de la montée. Je descends finalement la première partie sur les fesses et en chasse-neige, il y a environ 10 cm de neige et le terrain est très instable. Je râle. Je vois Tiffany au loin qui avale la descente, ses origines canadiennes l’aident bien. Sur la partie moins abrupte, je rejoins un petit groupe et commence enfin à me faire plaisir, le terrain est déjà plus propice. On termine finalement troisième de l’étape en 1h37m. Après un repas sur la terrasse au soleil, sieste, balade au village et coucher de soleil au bord du lac. Apéro avec de nouvelles spécialités locales ce soir au programme : saucisse belge accompagné de bière et vin bolivien. On fête l’ascension réussie du jour avec 5 personnes qui n’étaient jamais montées aussi hauts précédemment. Les canalisations de l’hôtel sont gelées, il fait bien froid dehors.

Samedi 2 juillet 2016 :

Réveil à 6h30 pour un départ à 7h30 en direction de la célèbre île au cactus. Incahuasci est une colline entourée par le salar d’Uyuni. Elle se transforme temporairement en île lorsque l’eau recouvre l’étendue de sel quelques jours dans l’année. Cette île désertique de corail est recouverte de centaines de cactus dont certains atteignent quatre mètres de haut. Le plus grand atteint 12 mètres en sachant que la croissance de cette espèce de cactus est d’environ un centimètre par an.

Comme lors de la première étape, nous avons la ligne d’arrivée en ligne de mire : presque 40 km de ligne droite. Je me badigeonne de crème et de graisse sur les lèvres, j’ai encore pris cher. Tiffany a la forme et l’étape se passe bien, on réussit à être régulier et même accélérer sur la fin du parcours, on arrive en 4h43m pour un peu plus de 38 km. Les écarts aujourd’hui sont importants, on voit au loin les autres concurrents. Basilio, un des chauffeurs de la jeep se prête au jeu de la camera et improvise quelques lignes droites au milieu du salar.

L’endroit est incroyable, on sent cependant que cet endroit est très touristique et le ballet des 4×4 commence à arriver. Les cactus sont impressionnants et le décor vaut vraiment le déplacement. Je décide d’aller voir seul le petit parcours proposé au milieu de l’île du cactus. Je reste un moment en haut du belvédère, il propose une vue unique à 360°, c’est vraiment un endroit magique.

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En redescendant et après que le reste du groupe m’ait rejoint, on croise un viscache ou lièvre des pampas qui fait des bons impressionnants.

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Une fois tout le monde arrivé, on reprend les jeeps et on roule 10 minutes. Une magnifique table digne d’un mariage nous attend au milieu du salar, décor de rêve et isolé des autres touristes. Un barbecue et un repas gargantuesque nous est servi.

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En guise de digestion, on se soumet à une séance photo avec illusion d’optique assurée. Etant donné que tout le décor est blanc, il n’y a aucun point de repère de profondeur, dès lors, il est très facile de faire des photos originales. Là, nous laissons libre court à notre imagination. J’attends de voir ce que donne aussi la vidéo de Thomas et de l’ogre Ricky.

Il est ensuite l’heure de sortir du salar et de rejoindre le sud du pays pour la suite de l’aventure. On dort ce soir dans un super hôtel de sel à Atulcha. Apéro avec des nouvelles spécialités locales, je sors un des saucissons Chassagnard provenant d’Egletons que j’ai reçu juste la veille de mon départ tandis que Thomas sort la bouteille de Calvados. Une petite vidéo spéciale pour Basilio est montée rapidement par Thomas, superbe rendu et souvenir également pour lui.

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