Jeudi 14 juillet 2016 :

J’arrive à 6h30 à Ica. La ville est dans la brume, on me saute dessus dès la sortie du bus. J’ai horreur de ça. Les chauffeurs de taxi et de tuk-tuk sont à l’affut de leur premier client de la journée. Le descriptif de l’hôtel indique que ce dernier se trouve à 5 minutes à pied, l’accueil de la gare m’indique la direction de la rue mais me précise qu’il faut plus compter 20 minutes. Je trouve facilement l’hôtel et ai pour la première fois de mon séjour : une chambre individuelle (51 sols), le grand luxe avec le wifi dans la chambre.

Le programme du jour est assez simple : réserver mon trajet pour me rendre demain sur les îles Ballestas puis rejoindre la capitale Lima et aller me balader sur les dunes spectaculaires de Huacachina situées en périphérie. Je décide de faire l’ensemble des trajets du jour en courant, j’ai repéré les lieux sur Google Maps et fait des impressions écrans sur mon portable de la carte de la ville.

La première partie se règle rapidement en me rendant à la place d’Armes de ville où se trouve une agence. Tout se goupille bien. Je négocie à 110 sols ce qui me paraît correct pour le transfert Ica – Paracas / visite de 2h des îles Ballestas / bus avec Cruz del sur pour Lima.

Ica se trouve à 430 m d’altitude, cela fait presque 20 jours je n’étais à redescendu à une altitude aussi basse, cela change tout. Direction les dunes situées à un peu plus de 5 km du centre-ville, le chemin n’est pas très agréable puisque je longe la route bondée et extrêmement bruyante avec les klaxons qui retentissent de tous les côtés. Cela me rappelle certaines villes d’Asie, il est loin le calme du salar d’Uyuni et des lagunes du Sud lipez. En moins de 25 minutes, le paysage a littéralement changé et ai l’impression de m’être téléporté dans le Sahara et me retrouve au milieu d’un oasis entouré de dunes de sables. La légende veut que l’oasis naisse lorsqu’une belle princesse indigène s’y réfugia pour échapper à un chasseur. La végétation se serait alors développée dès lors qu’elle serait entrée en contact avec l’eau, l’origine des dunes s’expliquant quant à elle par les marques de plis laissés par le manteau de la princesse. Ce sont les plus hautes dunes d’Amérique du Sud, la principale culmine à près de 400 mètres et Huacachina est devenu petit à petit une destination touristique très populaire en proposant des activités originales comme le buggy (35 sols pour un tour d’1 h) ou encore le sandboarding (location d’une planche à 4 sols). Je ne suis pas fan du tout de ces activités et me suis contenté de courir dans les dunes. Je mets environ 15 minutes pour monter la plus abrupte, le soleil est à son zénith, la vue est incroyable.

IMG_4386.JPG

IMG_4396.JPG

Je passe une grande partie de l’après-midi dans ce décor et rentre ensuite à l’hôtel, je suis plein de sables. En refaisant une dernière fois mon sac, j’apprends l’attentat horrible sur la promenade des anglais à Nice à l’occasion du traditionnel feu d’artifice, triste jour pour la France.

Vendredi 15 juillet 2016 :

Rendez-vous à 6h30 en bas de mon hôtel avec l’agence. Avant de partir, je confirme mon rendez-vous avec Luis qui vient me chercher à la gare de bus de Lima en fin d’après-midi. Un peu moins d’1h de route pour rejoindre Paracas.

La réserve nationale de Paracas est une zone protégée depuis 1975. Elle fut créée afin de protéger les diverses espèces de faunes et de flores qui vivent en milieu aquatique ainsi que dans le désert de Paracas. Située dans une des zones les plus désertiques de la côte péruvienne, la réserve s’étend sur une superficie de 335 000 hectares au bord de l’Océan Pacifique. La péninsule de Paracas se trouve dans une zone maritime exceptionnellement riche où les courants marins extrêmement froids produisent une grande abondance de plancton qui sert à nourrir les poissons, les crustacés et les mollusques. On rejoint le port où nous attend un bateau, nous sommes environ 30, le tour des îles Ballestas dure 2 heures (13 sols à payer directement à l’île qui n’est pas inclus dans le tour). Elles sont appelées aussi les « Galapagos du Pérou ».

Le premier arrêt s’effectue devant le Chandelier de Paracas qui est un géoglyphe long de 120 mètres aussi nommé « Tres Cruces » (Trois Croix) ou « Tridente » (Trident). Il est gravé dans un rocher de couleur crème, mais est principalement couvert de sable. Il circule plusieurs théories qui expliqueraient sa réalisation. Certains pensent que le Chandelier est en relation avec les lignes de Nazca et de Pampas de Jumana. D’autres pensent que des pirates auraient pu le construire pour s’orienter étant donné que la figure est visible de loin. Certains parlent des extra-terrestres. Une chose est sure : c’est surprenant et impressionnant.

IMG_4433

De nombreux oiseaux suivent notre bateau, la réserve est propice à la conservation et à la reproduction des nombreuses espèces d’oiseaux sédentaires et migratoires. On observe notamment des pélicans, des goélands gris, des pluviers argentés et énormément de cormorans (de Gaimard et de Bougainville).

On voit déjà au loin l’île. Durant des siècles, elle va accumuler tout naturellement de grandes quantités d’excréments appelés ici guano. Au XIXe siècle, l’économie du Pérou en tirera profit, avec des extractions jusqu’à 30 mètres de profondeur, en exportant le guano comme engrais vers l’Europe et l’Amérique du nord. Depuis le milieu du XXe siècle, l’extraction y est réglementée, procédant par campagnes de ramassages organisées. On y estime, actuellement, une production de plus ou moins 1 000 tonnes de guano annuels (la tonne est vendu 350 $ US environ), l’odeur n’est pas agréable, je n’imagine même pas l’état des poumons de celui qui ramasse le précieux engrais. Sur certains rochers, on observe de nombreuses otaries à crinière ou lion de mer, il y en a un qui fait même la pose. Au loin, on aperçoit des pingouins.

IMG_4500.JPG

On regagne le port, je retrouve mon sac dans le bus et arrive à 11h15 environ à la gare routière. Le timing est parfait, j’ai même un peu de temps pour prendre un verre. Mon bus arrive à l’heure prévue à 12h, le trajet jusqu’à Lima passe rapidement. Mon bus arrive même en avance peu après 4h de route. Luis vient me chercher en coccinelle à la gare routière, trop de chose à lui raconter. On passe la soirée à discuter avec son ami enfance.

Samedi 16 juillet 2016 :

Au final, j’ai une journée pour visiter Lima puisque mon vol est tôt demain matin. Sur les conseils de Luis, je vais à pied en direction de 2 quartiers proche de chez lui : Miraflores et Barranco.

Miraflores est l’un des quartiers où l’on trouve le plus grand nombre d’expatriés. C’est un des quartiers les plus animés de la ville avec bars, restos et centres commerciaux non loin du Pacifique. J’ai l’impression de me retrouver aux Etats-Unis. Je continue avec la découverte de Barranco, c’est déjà plus sympa. Le fameux Pont des soupirs qu’il faut absolument traverser paraît comme un attrape touriste. Par contre, les rues étroites et les maisons aux façades colorées ont beaucoup de charme. De nombreuses façades sont recouvertes de motif de Street art très sympas et colorés. Aujourd’hui, Barranco est le quartier romantique, bohème et noctambule de Lima. On l’appelle même le Montmartre du Pérou.

Je retourne ensuite chez Luis à l’Hospedaje Felicita (20 € la nuit dans le quartier calme et résidentiel de San Isidro). Nous mangeons au milieu de l’après-midi avec Luis et sa fille, Mélissa. C’était l’une des actrices du documentaire des Coflocs : Génération Expat (déjà + de 185 000 vues sur Youtube – je vous encourage à le regarder). On mange dans un excellent restaurant de poissons et fruits de mers : La Isla del Norte dans le quartier de la Magdalena del Mar. Les produits sont très frais et bons marchés.

Ce soir, Luis a invité des anciens voisins de sa résidence, ils fêtent les 50 ans de la copropriété et leurs retrouvailles. Certains ne se sont pas revus depuis plusieurs années, la soirée est sympathique et bien arrosée.

Dimanche 17 juillet 2016 :

La nuit a été courte surtout pour Luis. Mon vol est à 8h du matin, on part donc pour l’aéroport vers 5h30. J’aurai le temps de récupérer dans l’avion. Avec le jeu des décalages horaires et mon escale de 3h à Miami, je n’arrive que le lendemain à 8h30 à Paris. Je salue bien Luis, le remercie pour son accueil et de m’avoir accompagné à l’aéroport (15 € par trajets en coccinelle c’est quand même la classe)

Retour à la réalité parisienne et au boulot directement après le vol.

Budget global de 2 950 € pour 24 jours :

Vol Aller Paris – Juliaca via Miami et Lima / Vol Retour Lima – Paris via Miami pour 950 €.

Prix du Raid : 1 350 € incluant la tenue Team Globe Trailers et l’assurance annuelle.

Argent dépensé sur place : 650 €.

Taux de change :

1 € = 7,6 boliviano.

1 € = 3,6 sol.

 

 

Publicités