Mercredi 7 août :

Troisième et dernière session au Stade de France. Transport toujours aussi bien rodé.

Saut en hauteur (H) • Qualifications / 100 m haies (F) • 1er tour / Lancer de javelot (F) • Qualifications / 5 000 m (H) • 1er tour / 800 m (H) • 1er tour / 1 500 m (F) • Repêchage

Programme sympathique avec un beau duel à la hauteur homme avec Tamberi et Barshim / des français avec pour moi nos seuls espoirs de médaille Cyréna Samba-Mayela sur les haies et Gabriel Tual sur le 800 m et du panache avec Jimmy Gressier sur 5 000  m.

Ambiance toujours aussi sympa et rythmée. Le format permet de voir pas mal de courses et les concours.

En parallèle, on a réussi le matin même à avoir un sésame pour la vasque donc on enchainera cette étape juste après le stade de France.

Depuis la cérémonie d’ouverture, nous sommes nombreux à vouloir nous approcher de la fameuse vasque. Habituellement cette dernière est située dans un stade et sa flamme allumée en continue. Paris 2024 innove une nouvelle fois avec une flamme sans combustible, faite d’eau et de lumière, qui ne brûle pas mais qui illumine. Elle rend aussi hommage à la montgolfière.

Si la vasque est transportée dans une montgolfière, ce n’est pas un hasard. Les organisateurs de la cérémonie ont fait là un clin d’œil à un exploit français. En effet, c’est à Paris que le tout premier vol habité de l’Histoire dans un ballon dirigeable a eu lieu en novembre 1783.

Ce jour-là, devant le Dauphin du roi, au château de La Muette, le physicien Jean-François Pilâtre de Rozier et le Marquis d’Arlandes montent à bord d’un modèle imaginé par les frères Montgolfier. Les inventeurs travaillent sur ce projet depuis plusieurs mois, et réalisent un premier essai, à vide, à Annonay. Un deuxième vol a ensuite lieu au-dessus du château de Versailles, avec à bord du ballon, des animaux. 

Le lieu de l’allumage de la vasque depuis le jardin des Tuileries porte elle aussi un symbole. Le 1er décembre 1783, quelques jours après le vol historique de Jean-François Pilâtre de Rozier, le physicien Jacques Charles, qui travaille sur un ballon à gaz rempli d’hydrogène, fait décoller son engin, plus puissant, plus sûr et plus sophistiqué, depuis les Tuileries, devant 400 000 personnes. 

On enchaîne ensuite avec le parc urbain de la Concorde avec des billets non placés mais qui permet d’accéder aux différents sites et de se balader place de la Concorde. Habituellement, un ballet de voiture au quotidien transite sur cette place historiquement connue par son obélisque, plus vieux monument de Paris et un des plus emblématiques. Il fut fabriqué sous le règne de Ramsès, iI y a plus de 3.000 ans et trônait à l’entrée du temple d’Amon à Louxor. Son jumeau y est d’ailleurs toujours en place. L’Égypte en a fait cadeau à la France pour remercier Champollion, qui fut le premier à traduire les hiéroglyphes. En échange de l’obélisques, Louis-Philippe Ier offre en 1845 une horloge en cuivre, qui orne aujourd’hui la citadelle du Caire, mais qui ne fonctionna quasiment jamais. 

Pour bien connaître cette place, elle est complétement métamorphosée. Elle compte quatre installations temporaires : la Concorde 1 pour le basket-ball à trois et le breakdance, la Concorde 2 pour le BMX freestyle, la Concorde 3 pour le skateboard street et La Concorde 4 pour le skateboard park.

On assiste sur écran géant à la défaite du handball français contre les Allemands. Je rejopins ensuite Mathias et vois également Sébastien que je n’avais pas eu l’occasion de revoir depuis le marathon de Tokyo en 2018.

On assiste pour finir à la finale de skateboard homme sur ecran géant situé juste derrière La Concorde 4. On entendu donc les réactions du public et les différentes animations. Tony Hawk actionnera le fameux trois coups avec Snoop Dog en guest star sur le site.

Médailles Françaises du jour : 1 argent / 2 bronze

Sofiane Oumiha, boxe (-63,5 kg), argent

Djamili-Dini Aboudou Moindze, boxe (+92 kg), bronze

Cyrian Ravet, taekwondo (-58 kg), bronze

Jeudi 8 août :

Grosse journée en perspective avec 2 sessions avec mon père avec deux sports de combat auxquels je n’avais jamais assisté à des compétitions : la lutte et le taekwondo dans les sites du Grand Palais éphémère situé à Ecole Militaire et au Grand Palais.

J’ai pratiqué durant une année seulement la lutte lorsque j’avais 8 ans. Pas de grand souvenir de cette période. Le club de Créteil à l’époque où j’y habitais y avait une section avec beaucoup de grand athlètes. 

Déjà présente lors des Jeux antiques, elle est au programme des JO depuis Athènes 1896, les premiers Jeux de l’ère moderne. Le combat dure 2×3 minutes avec 30s de pause entre chaque combat. Il faut 10 points d’écart ou plus en lutte libre et seulement 8 ou plus en lutte gréco-romaine. On assiste à 42 combats réparties sur 3 tapis en lutte et lutte gréco-romaine chez les hommes et femmes.

La lutte gréco-romaine est une forme de lutte masculine dans laquelle les lutteurs ne peuvent utiliser que leurs bras et ne peuvent attaquer que le haut du corps de leur adversaires, contrairement à la lutte libre, où ils peuvent aussi utiliser leurs jambes et tenir leur adversaire en dessous de la ceinture.

On ne s’ennuie pas un instant. Les combats s’enchaînent sous un rythme effréné. Belle surprise et belle ambiance dans les tribunes avec beaucoup de supporters américains et canadiens. Deux supporters iraniens situées juste à coté de nous ont également bien mis l’ambiance. Je ne suis pas déçu d’avoir pris des billets pour cette discipline qui est peu mise en avant.

On rejoint ensuite à pied notre seconde session de la journée cette fois-ci au magnifique Grand Palais. Les escrimeurs nous ont regalés pendant plusieurs jours, place maintenant au Taekwondo dans cette encieinte qui a été édifié pour l’Exposition universelle de 1900 grâce aux techniques de construction les plus avancées de l’époque. Surmontée d’une impressionnante verrière, sa nef majestueuse a abrité pendant plus d’un siècle expositions et évenements majeurs. Dès 2021, des travaux importants ont commencé sur ce site afin d’etre prêt pour l’échéance des Jeux Olympiques.

La capacité est de 8 000 spectateurs avec notamment deux énormes tribunes qui se sont un face à face. Belle ambiance durant cette session avec notamment les français.

Le taekwondo est intégré aux Jeux Olympiques depuis les jeux de Séoul en 1988 comme sport de démonstration. Il disparait ensuite en 1996 avant d’être réintégré officiellement en 2000 à Sydney.

On assiste aux quarts de finale et demi-finales pour les catégories -68 Kg hommes / -57 kg femmes. Cet art martial originaire de Corée du Sud qui signifie « la voie des pieds et des poings » date de -50 avant JC. On utilise les mains et les pieds et le but est de donner des coups de pied ou des coups de poings sans être touché. L’aire de combat de forme octogonale sur trois rounds de deux minutes chacun. Les points sont marqués en fonction de la technicité du coup porté : un point pour un coup de poing, un coup de pied rapporte deux points et trois points pour un coup de pied à la tête. Quatre points pour un coup de pied retourné au plastron et enfin cinq points pour le coup de pied retourné à la tête.

C’est une discipline très explosive et qui va très vite. Il y a de nombreux arrêts car des replays/ralentis sont régulièrement demandés par les coachs en cas de doute sur la prise en compte ou non d’un point. 

Après la session au Grand Palais, je rejoins le parvis du Trocadéro pour aller voir le parc des Champions qui me permet de voir sur écran géant la soirée d’Athlétisme avec notamment la finale du 200m et 110 m Haies hommes.

Médailles Françaises du jour : 1 or / 2 argent

Billal Bennama, boxe (-51 kg), argent

Benjamin Thomas, cyclisme sur piste (omnium), or

Lauriane Nolot, voile (kite-foil), argent

Vendredi 9 août :

Aujourd’hui, l’objectif de la journée est de récupérer mon dossard pour le 10km qui aura lieu demain soir. Je rejoins ma cousine Jessica qui se lance sur la distance reine du marathon. Parcours pas évident avec beaucoup de dénivelé : un peu plus 430m de D+ qui rend hommage à un épisode clé de la Révolution française : la marche des femmes sur Versailles, le 5 octobre 1789. Des marchandes de la Halle, commerçantes et ouvrières des faubourgs populaires se rassemblent devant l’Hôtel de Ville à Paris pour réclamer du pain et des armes. Entre 6 000 et 7 000 Parisiennes, rejointes par les hommes, traversent Paris, pour se rendre à Versailles et ramener le roi aux Tuileries. Ce jour-là, Louis XVI accepte enfin de ratifier la déclaration Universelle des droits de l’Homme et du Citoyen.

La récupération des dossards au stade Emile Anthoine, que je connais bien avec les 20km et l’Eco trail, est très fluide et rapide. Je récupère le précieux en moins de 10 minutes. Je donne quelques derniers conseils Jessica. Elle est extrêmement motivée et déterminée, ça va le faire.

Dans l’après-midi, je rejoins ensuite Serge qui travaille à Porte de la Villette à la maison du Canada, grand espace de la Cité des Sciences qui a été privatisé pour l’occasion. C’est l’équivalent du Club France mais pour les Canadiens qui leur permet de suivre les évènements avec des écrans et de rencontrer notamment les athlètes médaillées. Les studios de télévision sont également situés là-bas.

Je retourne ce soir au Grand Palais pour assister à une session pour les médailles. Malheureusement, les Français ne sont pas au rendez-vous. Cette fois-ci, je suis dans la tribune opposée par rapport à hier. L’ambiance est excellente. La levée de rideau nous permet de voir un show avec beaucoup d’acrobaties et d’agilité.  

Nous assistons aux demi-finales et finales des catégories suivantes : -67 kg femmes et -80kg hommes. Le cadre est toujours aussi impressionnant et j’ai de nouveau la fameuse musique de la remise des récompenses dans la tête.

Médailles Françaises du jour : 1 argent / 1 bronze

Équipe de France masculine, tennis de table, bronze

Équipe de France masculine, football, argent

Samedi 10 août :

Dernière journée parisienne qui s’annonce bien chargée et intense mais sans aucun doute magique.

Départ à 7h en direction de Versailles pour finir en beauté. Presque 2h de transport au total avec le RER A, le train de banlieue, le bus puis une bonne marche afin d’arriver sur ce site qui a accueilli en première semaine notamment le concours complet. Nous allons découvrir une discipline que l’on a l’occasion de voir uniquement lors de Jeux Olympique avec une bonne chance pour les françaises d’obtenir une médaille : le pentathlon moderne.

Le pentathlon moderne est une épreuve sportive constituée de cinq disciplines d’où le nom de pentathlon. Ces épreuves sont l’escrime, la natation, l’équitation, le tir au pistolet et la course à pied. Il faut le distinguer du pentathlon antique ou aucune des épreuves du pentathlon moderne ne faisait partie des premiers Jeux olympiques.

Le pentathlon a toujours fait partie du programme olympique depuis 1912. Une épreuve féminine a été ajoutée en 2000. À l’origine, la compétition durait quatre ou cinq jours. En 1996, l’épreuve a été raccourcie à une journée pour améliorer son image commerciale. Le pentathlon sous sa forme moderne fut inventé par le baron Pierre de Coubertin, fondateur des Jeux olympiques modernes. Comme les épreuves du pentathlon antique étaient choisies suivant les compétences du soldat idéal de cette époque, Coubertin créa l’épreuve pour désigner l’athlète idéal.

La formule moderne du pentathlon combine quatre épreuves, issues de cinq sports sous un format de 2h environ :

  • L’équitation, avec un parcours de saut d’obstacles sur un cheval que l’athlète ne connaît pas et qu’il a tiré au sort vingt minutes avant le début de l’épreuve.
  • La natation, avec un 200m nage libre ;
  • L’escrime, avec premièrement un tournoi de classement sous la forme de matchs d’une minute contre tous les autres athlètes. En fonction du classement de ce tournoi, les athlètes entament ensuite une épreuve d’escrime bonus, qui se déroule sous la forme d’un tournoi à élimination directe. Les combats durent 30 secondes, et chaque victoire apporte un point bonus au score de l’athlète à l’épreuve de classement. 
  • La course à pied et le tir, avec un laser-run où les athlètes enchaînent phases de course à pied et phases de tir sur cinq cibles, à une distance de dix mètres.

Le pentathlon moderne se dispute en deux temps ; premièrement, les athlètes marquent des points en fonction de leur classement lors des épreuves d’escrime, d’équitation et de natation, qui conditionnent leur ordre de départ lors du laser-run. Lors du laser-run, les athlètes partent avec un retard correspondant au nombre de points d’écart qu’ils ont avec le leader du classement. Le premier athlète à franchir la ligne d’arrivée du laser run remporte la médaille d’or.

Je ne regrette pas du tout d’avoir coché cette épreuve dans mon calendrier. Le site est impressionnant avec ses trois tribunes contenant 15 000 spectateurs. On découvre les règles au fur et à mesure de l’avancement. On assiste aux 2 demi-finales femmes (composés de 2 sessions de 18 athlètes avec la présence de 2 grands espoirs de médailles pour la France). Le nombre de drapeau tricolore est impressionnant avec une belle ambiance. Le site regroupe tous les sports et permet de bien suivre toutes les épreuves. La logistique est incroyable avec notamment le gonflage de la structure pour accueillir l’escrime qui se gonfle en moins de 5 minutes.

Au final, l’épreuve de laser run (qui se rapproche du biathlon) est celle qui permet de tout perdre ou de combler son retard. La moindre erreur sur le tir fait perdre pas mal de temps et met en place un suspense et une pression incroyable sur l’athlète. Malgré une dernière épreuve compliquée au tir pour la française Elodie Clouvel, elle sera favorite pour une médaille pour la finale de demain.