Plus célèbre course du Pays Basque, il fallait bien que je programme un jour cette course dont la renommée a depuis bien longtemps dépassé les frontières du département des Pyrénées-Atlantiques. C’est déjà la 22ème édition de l’Euskal Trail (qui signifie tout simplement Trail des basques) et qui réunit cette année plus de 3 000 coureurs sur 6 épreuves. Il y en a pour tous les goûts avec des formats originaux et conviviaux car la majorité des courses se font en duo sur un ou deux jours.

Ultra Trail : 130 km avec 8 000m de D+ en solo ou duo. 500 places (95 € en solo ou 190 € par équipes)

Euskal Trail : 2 X 40 km avec 4 000m de D+ en duo. 300 équipes (tarif de 150 €)

Trail Gourmand : 2 X 25 km avec 2 500m de D+ en duo. 600 équipes (tarif de 130 €)

Iluna Trail : 27km avec 1 500m de D+ en duo. 200 équipes (tarif de 40 €). Départ à 21h30.

Neska Trail : 8km avec 350m de D+ en duo. 200 équipes féminines (tarif de 20 €).

Ttiki Trail pour les enfants.

Second week-end de janvier, je me mets une alerte dans mon agenda. Les places sont chères et les inscriptions sont généralement bouclées en quelques minutes. A 9h précise, je me connecte et arrive à boucler l’inscription en duo. Paskal sera mon partenaire de course, on opte pour le format Gourmand. J’attends avec impatience le ravitaillement avec 25km le vendredi matin puis on en redemande le samedi matin. La course aura lieu uniquement 3 semaines après mon marathon de Londres, je sais déjà à l’avance que je n’aurai pas encore totalement récupéré.

Paskal n’a pas trop l’habitude de courir mais il a une bonne condition physique. La pelote y contribue fortement, je ne me fais pas trop de soucis pour lui.

La semaine avant la course, nous recevons les convocations et commençons à nous organiser. Casse-tête de mon côté, j’arrive la veille de la course en provenance de Porto et doit récupérer mon dossard à Saint-Étienne-de-Baïgorry. Les complications arrivent lorsque mon vol qui atterrit à Bordeaux prend du retard. Malgré le Uber commandé à la dernière minute, on rate le train pour Bayonne pour quelques minutes. Plan B, on prend le bus depuis Pessac. J’en profite pour faire une bonne sieste, une journée dans les transports la veille de course, ce n’est pas l’idéal. On arrive finalement à 20h à Bayonne mais il reste presque 1h de route jusqu’à Saint-Étienne-de-Baïgorry. Cela sera vraiment juste car le retrait des dossards se clôture à 21h. L’organisation ne voulait pas qu’une tierce personne, notamment le partenaire de course, retire le dossard : c’est donc la course avant l’heure.

On arrive au retrait des dossards à 21h pile poil. Les pauvres bénévoles qui ont dû commencer ce matin avaient déjà presque tout rangés. Je récupère malgré tout mon enveloppe contenant mon dossard, un bracelet bleu pour identifier les coureurs de ma course et active la puce avec le passage devant le tapis. Ouf, ce n’était pas gagné, j’envoie un texto à Paskal : il est rassuré.

Repas classique de veille de course : plat de pâtes. Préparation des affaires avec la liste du matériel obligatoire : poche d’eau, couverture de survie, veste imperméable et sifflet. Je vais prendre les bâtons, ils me seront utiles dans les montées. Il est déjà plus de minuit quand je me couche, le réveil va piquer à 5h45.

Paskal me récupère à 6h15, nous avons presque 45 minutes de route. Le départ de la vague 2 est programmé pour 8h30, un bus nous attend à 7h15 pour nous amener à Urepel, ville départ des deux étapes. L’organisation est bien rodée car Saint-Étienne-de-Baïgorry est un petit village de 1500 habitants environ. Ici c’est l’événement de l’année. Ils sont habitués à voir passer les randonneurs du GR 10 mais le nombre de participants fait quand même doubler la population du village en deux jours sans compter les accompagnants. Plus de 60 départements sont représentés et les espagnols sont nombreux, la frontière est à quelques kilomètres.

Ambiance colonie de vacance dans le bus, 20 minutes de route environ. Certains finissent leur nuit tandis que d’autres racontent leur entraînement ou leur précédentes courses. Les conditions météorologiques sont pas mal, la chaleur est même annoncée pour la fin de course. Il va falloir bien s’hydrater surtout après ma mésaventure britannique. On se regroupe dans le mur à gauche municipal plus habitué à voir les joueurs de pelote que les coureurs.

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Après la présentation rapide de la joëlette bretonne qui va participer à la course avec presque 30 bénévoles, musique à fond sous l’arche avant le départ de notre vague. Départ à 8h30 précise des 350 coureurs. Profil montant dès le départ avec 400 m de dénivelé positif pris jusqu’à Otsaxar au km 5. Les jambes répondent bien pour le moment. Grosse descente jusqu’à Banca situé au kilomètre 11 où nous attend un ravitaillement. Paskal se jette sur le saucisson et prend un sandwich, je suis plus raisonnable. Après 1h23 de course, les jambes sont toujours là par contre la chaleur commence à se faire ressentir. On repart sur le même rythme, 4 km de montées nous attendent jusqu’à Gattuli. Au milieu de la montée, coup de mou de mon côté. Pause sur un rocher qui m’attendait comme par enchantement. Je reprends une pâte de fruits et m’hydrate avant de repartir environ 5 minutes après. Je le savais déjà : je n’ai pas récupéré de Londres, on va repartir sur des allures plus raisonnables. On aura un peu plus de temps de profiter des paysages qui sont sympathiques.

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On passe la dernière grosse montée, le plus dur est fait. Les sentiers sont super bien balisés et nettoyés, les organisateurs ont fait un sacré boulot. Pilotage automatique sur les hauteurs puis les sensations reviennent bien dans la dernière descente pour rejoindre Saint-Etienne de Baïgorry. On fait la dernière ligne droite avec Inès qui nous attendait avec impatience.

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On franchit la ligne au bout de 3h45. Il va falloir bien récupérer car on remet ça demain matin. Je reprends des couleurs petit à petit, heureusement que le ravitaillement était bien garni. On rejoint ensuite Maité qui est engagée sur l’Ultra Trail. Elle est partie à 5h ce matin, après 7h de course elle est au ravitaillement du km 44 à Aldudes. Elle a la forme, on va la suivre. Elle devrait terminer demain en fin de matinée. Place ensuite à un gros pique-nique, le temps s’y prête. On ne va pas faire de folie ce soir.

On apprend en fin d’après-midi que nous restons dans la même vague demain matin. A 6 places près, on aurait eu droit à une heure de sommeil en plus. En effet, les vagues du second jour sont constituées en fonction de ta place du jour pour éviter les différences de niveau. Cela nous convient bien car les conditions climatiques risquent d’être complètement opposées, la météo annonce de la pluie sur toute la course.

Réveil comme la veille à 5h45. Il a plu une bonne partie de la nuit, nous avons même eu droit à l’orage. Je consulte le live pour voir l’avancement de Maité, elle est toujours en course et a gardé son rythme et sa place toute la nuit. Départ pour le bus qui nous amène à Urepel. Cette fois ci, nous avons perdu au moins 10 degrés. Les têtes sont moins joyeuses et les jambes plus lourdes que la veille. On reste motivé, on va partir néanmoins plus prudemment surtout que la difficulté du jour est sur la fin de course à Aharza.

Nous partons en fin de peloton, les 5 premiers kilomètres sont très roulants jusqu’à Aldudes. Première montée jusqu’à Utsuskulu, la boue commence à être très présente car la pluie tombe depuis quelques minutes. Heureusement que j’avais prévu une autre paire de chaussure un peu plus adaptée à mes Pegasus de la veille. Les bâtons me sont également bien utiles. On rejoint le  ravitaillement de Banca situé à mi-course au bout de 2h  de courses.

On apprend que Maité est arrivée, sacré challenge. Elle finit après 29h19 de course à une superbe 6ème place au général féminin et 2ème dans sa catégorie.

Les jambes ne sont pas aussi lourdes que je ne pensais, il reste encore la grosse montée vers Aharza a bien appréhender. On remonte pas mal de coureurs sur cette portion. Passage délicat dans une grosse descente boueuse, la corde ajoutée par les organisateurs nous aide bien. Certains la dévalent sur les fesses, chacun sa technique. La terre couleur ocre est de plus en plus présente. Paskal me précise que « Baïgorry » signifie rivière rouge en basque.

Les 4 kilomètres de montées avec 500 m de D+ sont moins sèches que je ne pensais. On retrouve un rythme correct jusqu’au sommet qui est dans la brume (1h15 depuis Banca). Je supporte bien ma veste, il reste 5 kilomètres de descentes. Les quadriceps sont bien sollicités mais le village est en vue. On double des concurrents de l’Euskal trail avec leur dossard jaune et également des dossards orange, on les félicite au passage ils ont déjà 125 km dans les jambes.

Arrivée sous l’arche sur la place centrale du village au bout de 3h52, on se réfugie sous la tente pour être au sec. Cela fait déjà 3h que l’on prend la pluie. Temps cumulé de 7h37 (moyenne de 6,66 km) ce qui nous classe à notre place en milieu de peloton. Expérience sympa à renouveler avec un format atypique et convivial de course en duo sur 2 jours.

Direction ensuite le stade de rugby, les douches tièdes nous attendent. Ce n’était pas du luxe.

On récupère les calories perdues sur les deux derniers jours avec un bon repas à Saint-Jean pied de Port, célèbre passage des pèlerins en route pour Saint-Jacques de Compostelle.

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