483 jours se sont écoulés entre mes deux dernières courses. Entre temps, j’ai continué à m’entraîner mais j’avoue que d’épingler un dossard, ça me manquait. Côté motivation, il faut bien l’admettre, s’inscrire à des courses qui sont systématiquement annulées ou reportées cela ne pousse pas à s’entraîner correctement. Mon volume kilométrique depuis plusieurs mois n’est pas exceptionnel : deux sorties par semaine. Il m’a permis de limiter les dégâts sans prétendre à de la performance.    

Nous avons connu cette période que l’on aurait à peine pu imaginer il y a quelques temps : des confinements successifs limitants du jour au lendemain nos déplacements et nos activités. J’espère pouvoir dire au passé que nous avons même connu une période ou il fallait courir avec une attestation avec un périmètre limitée à 1 km avec un couvre-feu. Je crains malheureusement qu’il va falloir s’habituer à ce type de phénomène et nous adapter comme nous l’avons fait au cours des 18 derniers mois.  

Durant cette période, j’ai d’ailleurs découvert que certains de mes voisins avaient une nouvelle passion pour la course à pied. J’ai vu des scènes invraisemblables avec des néo joggeur en chaussure non adaptée ou tenue de ville. Dans le lot, j’ai bon espoir que certains y ont pris goût.    

J’ai une pensée pour les organisateurs de course notamment les associations qui ont essayé de limiter la casse durant cette période en lançant des challenges virtuels ou en repositionnant de nouvelles dates. 

Après plusieurs tentatives d’inscriptions repoussées, mes deux dernières courses seront donc voisines. En effet, quelques kilomètres séparent Saint-Pée-sur-Nivelle d’Espelette au Pays-Basque. Vous aurez sans doute remarqué que j’y allais déjà régulièrement mais les confinements ont eu raison de mes parents qui ont migré vers la côte depuis quelques mois. Il y a pire comme endroit avec la mer et la montagne comme terrain de jeux.

Je n’avais jamais participé à cette course qui se déroule à Espelette, bien connue pour ses piments. Déjà plus de 45 éditions à son actif, c’est une classique des courses en France. Cette année, la course a limité le nombre de participants et le nombre de courses. Il y a un format 17km, 24km et 6km pour les marcheurs. 

La course tombe justement lorsque mon frère avait programmé de descendre voir mes parents. Cela tombe donc à pic.  

Départ programmé à 14h pour nos 17km avec un peu plus de 800m de D+, il fait lourd. Il a plu une bonne partie de la matinée, le terrain sera un peu humide. On retire notre dossard dans le hall du marché couvert. Le format 24km part 30 minutes avant nous.

On assiste a leur départ sous les cloches des membres du groupe de joaldunak qui sont vêtus de peau de brebis sur les épaules et la ceinture, des mouchoirs de couleurs autour du cou, des bonnets coniques avec des rubans multicolores, du crin de cheval et deux grosses sonnailles fortement attachées sur les reins. Ces cloches doivent sonner à l’unisson, tous les membres du groupe doivent ainsi marcher au pas. 

Après le contrôle du sac devant contenir au minimum un litre d’eau ainsi qu’un ravitaillement solide, on rejoint une place où se situe la ligne de départ. Nous devons garder le masque durant les premiers mètres, il sera ensuite temps de le retirer. 

Les deux premiers kilomètres sont descendants uniquement sur route, on ne part pas trop vite avec Thomas. Il fait lourd, je transpire déjà. On aperçoit déjà le Mondarrain, il va falloir grimper là haut.  On bifurque à gauche sur un sentier, les appuies sont humides mais pas trop glissants. Cela commence à grimper progressivement. On garde le rythme régulier avec alternance de marche rapide sur les portions les plus rudes et relances sur les parties plates. Je garde le rythme, Thomas n’est pas trop loin. On attaque la partie la plus abrupte entre les km3 jusqu’au 7ème. On conserve la marche rapide, impossible de courir à mon niveau.  

Je double Gaëlle qui est inscrite sur le format 24km dans la montée. Elle a le sourire, c’est sympa de croiser des têtes connues. On court régulièrement à Bouliac avec le club de Villenave d’Ornon avec lequel j’ai pris une licence depuis septembre dernier. 

Thomas me rejoint sur la dernière partie montante du Mondarrain. Je le rejoins ensuite progressivement dans la première grosse descente vers le km 10. Pour le moment, j’ai encore du jus et de bonnes sensations dans les relances.  

Il reste ensuite encore 2 km de montées moins abruptes avant la redescente vers Espelette. Je continue de m’hydrater régulièrement. Côté alimentation, c’est plus compliqué, j’ai oublié mes habituelles pâtes de fruits, j’ai des noix et des baies de goji. Mais j’ai clairement besoin de sucres. Je sens que les jambes commencent à moins répondre. Je manque clairement de rythme, vu les derniers entraînements et le peu de foncier on ne peut pas faire non plus des miracles. Je vois Thomas au loin, ca sera impossible d’aller le chercher. 

Je mets le pilotage automatique en route, il ne reste plus que de la descente. Les deux derniers kilomètres sont compliqués, je me fais énormément doublé et limite la casse. Je rejoins le centre-ville d’Espelette et franchit la ligne après 2h04m20s à la 65eme place (10ème Master 1). Au final, Thomas fini 8 minutes plus tôt et a fini comme une flèche.

Guillaume Levoy remporte l’épreuve en 1h20m55s sur le format 17km. Mikael Etcheverry parcourt le format 24km en 2h01m24s.

 

 

De mon côté, rendez-vous dans 15 jours avec le BK21 à Bidarray, toujours au Pays Basque, avec 21 km au programme et 1 660 m D+.  

Inscription à 21 euros.