Deux semaines après le trail du Mondarrain à Espelette, me voilà de retour au Pays-basque pour un nouveau dossard. Cette fois-ci, la distance est légèrement supérieure mais c’est surtout le dénivelé qui sera plus important.

Le rapport distance/dénivelé avec 21km et 1 660 m de D+ annonce la couleur, ça va grimper. Cette fois-ci, j’ai motivé Paxcal (avec qui j’avais fait le trail gourmand de l’Euskal Trail en 2018) et Mikel qui participera à sa première course. Sa sœur Maïa est également de la partie.

On arrive vers 8h dans ce charmant village, d’un peu plus de 600 habitants, de Basse-Navarre limitrophe avec l’Espagne. Le ciel est nuageux et commence à se découvrir. Il fait déjà plus de 23°, il va falloir bien s’hydrater. Les inscriptions sont complètes depuis plus d’un mois et plafonnées cette année à 350 coureurs. L’autre format de 45 Km a été annulé par les organisateurs, Baztandarrak association locale.

J’avais repéré cette course depuis plusieurs éditions, ce sera ma première participation. Nous récupérons rapidement et facilement notre dossard 45 minutes avant le départ. Je croise Ricou et Dadoo devant l’entrée, on court régulièrement ensemble à Bouliac avec la section trail du CAV. Ils ont l’air en forme.

Le briefing de course, environ 10 minutes avant le départ, me rassure un peu. Il y aura quatre ravitaillements sur le parcours et les bâtons sont bien autorisés. Les deux difficultés majeures seront Larla et la fameuse cheminée d’Iparla qui revient régulièrement dans les conversations.   

Le ciel s’est maintenant bien dégagé, il fait même chaud. Je pense qu’un départ un peu plus tôt aurait été pas mal.

Départ à 9h précise. Je pars prudemment même si nous avons une grosse descente lors du premier kilomètre. Il faut se retenir surtout que deux voitures sont restées au milieu de la route. Ils ont dû être surpris de voir débouler des coureurs.

Le cardio monte dès la sortie du village en direction de Larla. Je sors rapidement les bâtons télescopiques, je pense déjà au dénivelé qui nous attend pour la matinée. Je m’hydrate régulièrement même si je n’ai pas soif. Le cadre est magnifique et j’essaye de deviner les sentiers qui m’attendent en voyant régulièrement les premiers de la course qui galopent dans les pentes. La première difficulté de la journée est franchie au bout de d’1h17. En regardant ma moyenne, je sens que la course va durer un peu plus longtemps que ce que j’avais estimé. Je ne prends pas de risque dans la descente ni sur la partie des crêtes qui est plutôt roulante.

Le ravitaillement permet de recharger mes flasques en eau. La vue est magique et le massif de l’Iparla se dresse devant nous avec ses sommets sous la brume. Un coureur qui a déjà participé à la course nous laisse deviner le chemin et nous dit d’en garder sous les baskets. Je le crois sur parole. Plus de 800 m de D+ nous attendent sur moins de 3 km. Arrivé au pied de la fameuse cheminée, je devine le sommet même si la brume est présente et voit ce que nous réserve la suite. C’est sec. Mes bâtons sont mes meilleurs amis. Je mène un petit groupe de 8/9 coureurs qui suivent ma trace jusqu’en haut. Je suis bien content une fois le sommet atteint.

On vire à gauche tandis que l’on croise d’autres coureurs qui sont sur le retour. Déjà 2h50 de course lorsque je vois la stèle qui culmine à 1 048 m avec les indications des traces blanche et rouge du GR10 (la fameuse Grande Traversée des Pyrénées reliant Hendaye à Banyuls : 922 Km avec plus de 55 000 m de D+). L’iparla est le premier sommet français de plus de 1 000 mètres en venant de l’océan Atlantique.

Je range les bâtons, on va mettre ensuite le pilotage automatique jusqu’à Bidarray. Je profite de l’avant dernier ravitaillement pour recharger en eau. En redescendant progressivement, nous sortons du brouillard et j’admire le paysage à 360° sur les crêtes. Rien que pour cette vue, le déplacement en vaut le coup. Je laisse les brebis sur le versant espagnol et aperçoit au loin les toits des maisons du village.

Les jambes répondent présentes, je ne prends pas de risques et essaye d’être le plus relâché possible. La descente est technique avec des cailloux et des marches mais en proportion beaucoup moins raide que la cheminée. Environ 6 km de descente jusqu’à l’arrivée.

A 2 km de l’arrivée à peine, une jeune femme est sur le côté du sentier accompagnés d’un bénévole et d’un coureur. Je leur propose mon aide. Les secours sont en route. Je leur verse l’eau qui me reste dans leur flasque ainsi que ma dernière barre, je pense qu’elle fait une grosse hypoglycémie.

Je franchi la ligne après un peu moins 4h de course. Sans trop d’entraînements, je ne pouvais pas prétendre à faire beaucoup mieux. Ma gestion de course a été correcte sans trop me mettre dans le rouge. Un grand bravo à l’organisation et aux bénévoles pour le balisage et les ravitaillements. Je rejoins Paxcal sur les marches du fronton, il est frais.

Maïa arrive une dizaine de minutes après ainsi que Mikel. Un grand bravo car il n’a pas choisi la plus simple des courses pour débuter. Ricou et Dadoo ont également assuré. Par contre, Ricou a pris un bon coup de chaud à l’arrivée. Il va oublier le Pastaga pour la journée à mon avis.

Je recommande vivement cette course qui demande néanmoins une bonne préparation. Le format BK45 doit être costaud également avec Iparla, Goramendi, Iguzkimendi et Artzamendi au programme et près de 2750 mètres de dénivelé positif.